Peut-on sortir d’une dépression seul ?

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C’est la question que se pose beaucoup de monde et je crois pouvoir répondre NON. Au sens strict du terme, Non.

Est-ce que des gens avec une force et une volonté forte à l’intérieur peut leur permettre ?

Le « problème », avec la dépression (que dans le temps l’on qualifiait de « nerveuse »), c’est que justement elle atteint la personne au plus profond d’elle-même, et qu’un état dépressif, par essence, annihile la force et la volonté. Ainsi, dire à une personne dépressive de se bouger et de réagir n’a à la limite aucun sens (pour elle)… elle est incapable de se bouger. C’est comme si l’on disait à un cul-de-jatte Allez, montre un peu de volonté, lève-toi… et marche ! (Bon, y’en a un qui a dit ça à un paralytique et ça a « marché », mais il avait des dons particulier, le gars)…

La dépression est un mécanisme sournois, une maladie du fonctionnement psychique, le plus souvent momentanée si elle est en réaction à un évènement traumatique (c’est ce qu’on appelle la dépression « réactionnelle), mais est aussi une maladie durable dont on ne maitrise qu’encore mal les tenants et aboutissants.

Mais pour répondre plus précisément à votre question, si j’ai répondu rapidement NON au fait que l’on puisse s’en sortir seul(e), c’est parce que, encore une fois, nous avons besoin des autres pour nous en « sortir », j’allais simplement dire « pour vivre ». Si la dépression amène le plus souvent le repli sur soi, en sortir demande effectivement un sacré travail sur les causes éventuelles de cet état, et ni la force ni la volonté n’y peuvent quelque chose, même si la volonté -au moins exprimée- de s’en sortir est plus efficace que le désir de ne pas s’en sortir ! Il m’est arrivé de l’écrire ici, je crois : La dépression, c’est comme une couverture en hiver : elle tient chaud et l’on n’a aucune envie de s’en débarrasser. Alors souvent il faut de l’aide pour le faire. Pour comprendre pourquoi on a tant besoin de sa couverture et si peur de la perdre.

Je ne parle pas forcément de l’aide d’un professionnel, mais au moins l’aide, l’accompagnement d’un ami, d’un amour, d’un quelqu’un qui nous prête de l’attention. J’ai raconté ici comment, en pleine dépression à un moment de ma vie, j’appréciais le fait que l’une de mes amies me rendent visite chaque jour… Elle s’asseyait un quart d’heure près de moi, sans rien dire… Je lui disais Casse-toi, mais à l’intérieur de moi je savais bien que ça me faisait du bien.

On pourrait épiloguer longtemps sur cette question, mais voilà, moi, avec mes connaissances et mes tripes, je pense que, même si on ne le veut pas (reconnaître que l’on a besoin des autres), même si on en a le désir secret au fond de soi (de se débrouiller seul), on a toujours besoin des autres, y compris pour se sortir d’un état… qui nous coupe des autres et de la vie. Et quand je dis « des autres », c’est vraiment au sens large… Cela peut-être des inconnus, des évènements, tout ce qui fait la vie autour de soi, et un jour -pourquoi ce jour-là ?- on laisse à nouveau entrer en soi comme un quelque chose qui ressemble à de la vie.

Le professionnel de la vie psychique, psy-quelque-chose…., peut ajouter, proposer, guider, accompagner d’une autre manière… C’est nécessaire parfois, parce se joue aussi dans le mécanisme dépressif quelque chose qui n’est pas étranger à sa propre vie -c’est d’un banal de le dire !-, mais aussi à la vie de nos proches… qui du coup se trouvent mal placé pour nous aider… Mais qui peuvent le faire en nous invitant à consulter… et en nous écoutant…

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Je suis une jeune maman de 2 petits garçons, j'ai la trentaine et je suis infirmière. On pourrait dire que j'ai 2 métiers ! Etre maman m'a fait découvrir une nouvelle vision de la vie notamment sur la santé, l'alimentation et le sport. Je vais vous partager toutes mes trouvailles, mes connaissances sur ce blog.

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